Un décès d'une sœur religieuse

Un décès d'une sœur religieuse 

 Lors de cette année passée chez les sœurs aux Clos Saint Joseph à Valence, une page singulière de mon histoire s'est écrite, marquée par des moments à la fois délicats et profondément humains. Mon dos, ce fidèle compagnon qui soutient tant d'aventures, connaissait alors une petite malformation qui a attiré l'attention des médecins.

Le verdict tomba, empreint sagesse de médicale : pendant les heures de cours, je devais adopter une position allongée sur le dos, reposant sur une planche de bois rigide. Ainsi, chaque leçon, chaque mot inscrit au tableau, se déroulait sous le ciel intérieur de ma planche d'érudit. Ce rituel dura environ six mois, une parenthèse temporelle où l'horizon des connaissances s'ouvrait au rythme apaisant des repos forcés.

Puis, telle une page que le vent tourne avec douceur, tout revint dans l'ordre. Les épreuves de la jeunesse, comme les saisons, laissent parfois des traces, mais la vie, résiliente, reprend son cours.

Cependant, un voile sombre s’abat sur cette période. La tristesse se propageait religieusement comme une ombre silencieuse à la suite du décès d'une sœur des Clos Saint Joseph. Le destin avait tissé une trame où la fragilité humaine se confronte à l'éternité.

En famille catholique et baptisé, je fus emporté dans le cortège de jeunes garçons, dirigé par les sœurs, pour participer à une veillée de prières. Les prières, c'était le rythme quotidien de notre existence, une mélopée rassurante qui résonnait matin, midi et soir. Mais cette fois, ce n'était pas seulement une prière, c'était un adieu à une âme qui avait trouvé son chemin vers l'infini.

La rencontre avec la réalité de la mort, le mord lugubre, ce fut comme la première note d'une mélodie que l'on apprend à déchiffrer trop tôt. À l'âge tendre de six ans, les contours de la vie, les mystères de la mort, étaient encore des énigmes qui se dessinaient dans l'ombre. Aujourd'hui, en 2024, cette image demeure gravée dans les recoins de ma mémoire, une empreinte indélébile qui rappelle la fragilité de l'existence.

Mais la vie, insaisissable et persévérante, continue son cours. Les épreuves passées s'entrelacent avec les promesses de demain, formant ainsi le tissu unique de mon histoire, où les ombres et les lumières se conjuguent pour créer la symphonie de l'existence.